jeudi 19 novembre 2009

- Amour et Pardon


L'évangile de Luc est l'évangile de la miséricorde de Dieu. Au chapitre 7 le repas chez le pharisien (Jésus va chez les pharisiens comme chez les publicains). La femme : on ne sait pas qui elle était. Celui qui aimera le plus est celui à qui on a remis la plus grande dette. "Ses péchés, ses nombreux péchés lui ont été remis puisqu'elle a montré beaucoup d'amour". Si elle n'avait pas été pardonnée, elle n'aurait pas pu montrer tant d'amour.
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L'amour qui pardonne fait jaillir l'amour du pardonné.
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Il ne nous serait pas possible d'aimer si nous n'étions pas pardonnés. Nous ne savons pas à quel moment nous recevons le pardon. "Je veux partir" dit le fils prodigue (Luc 15,18) : c'est peut-être à ce moment-là que le pardon commence.
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La femme inconnue peut représenter chacun d'entre nous. Nous sommes toujours au bénéfice d'une initiative de Dieu qui ne se lasse jamais. Il veut toujours pardonner pour que partout il y ait des jaillissements d'amour.
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La seule chose que nous savons, c'est que Dieu nous aime -il aime avant que l'enfant ait parlé. "Il est revenu à la vie", à la globalité de son existence, existence animée par la vie de Dieu. Nous sommes au bénéfice de cette vie qui nous renouvelle. A chaque instant, nous sommes pardonnés. Nous sommes toujours des pécheurs pardonnés. Si je vis, c'est qu'à tout instant ton amour me remet en harmonie avec toi.
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Le sacrement de réconciliation n'est pas bien situé (sacrement de "nettoyage" !). Les péchés ne sont pas au coeur du sacrement, mais l'amour de Dieu. Dieu l'emporte dans son amour, dans son élan de vie.
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Pierre Michalon
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(extrait de "Vers la Source"
Editions de l'Abbaye de la Rochette-2007)

dimanche 15 novembre 2009

- Par tes mains


Dieu n'agit pas seulement en toi, il agit aussi par toi. C'est à toi qu'il donne d'agir d'une manière qui dépasse de beaucoup tes possibilités normales...
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Si nous manquons de confiance en nous, c'est peut-être qu'au fond, nous ne croyons pas que Dieu veut agir, donner, aimer... à travers nous. Nous nous croyons des instruments inutilisables. Nous sommes alors renvoyés à nos propres forces, superficielles et limitées, ou plutôt renvoyés à notre faiblesse. Et nous nous privons par là de notre force véritable, celle qui se trouve en notre centre, là où Dieu habite, ce Dieu qui est plus "moi" que ce que nous avons jusqu'ici considéré comme notre vrai moi, ce Dieu qui ne cesse de dire : "Tout ce qui est à moi est à toi" (Lc 15,31).
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Tout ceci est vrai si nous croyons vraiment que nous sommes inutilisables, que nous n'avons aucun rôle à remplir, car ce faisant nous ne laissons pas Dieu nous employer. Un sentiment d'infériorité n'est pas dangereux en soi. Il peut résulter de bien des facteurs différents (notre contexte passé, les variations de notre psychisme, l'influence des autres) et c'est peut-être la croix que nous avons à porter. Mais nous pouvons en même temps approfondir constamment notre foi et espérer dans la confiance que le peu que nous arrivons à faire trouve sa place, une place unique, dans le royaume de Dieu. Et ainsi, courageusement, jour aprés jour, nous arrivons à accomplir la tâche spécifique qui nous est impartie, en dépit de tous les sentiments contraires que nous pouvons éprouver. Nous y arriverons non pour nous complaire en notre propre excellence, mais pour aimer toutes choses et tout vivant.
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Il ne faut donc pas avoir peur de sa peur ! Dans la mesure où nous serons conscients de notre peur, nous apprendrons aussi quelles sont nos possibilités. Il suffira de rompre notre isolement et de rétablir le contact avec Dieu.
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Wilfrid Stinissen
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(extrait de "l'éternité au coeur du temps"
éditions du Carmel-novembre 2004)

dimanche 18 octobre 2009

- En la Présence...

(photo D.G avec son autorisation)
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A l'heure où tu comprends que tu es connu et que Dieu veille sur toi ; à l'heure où tu réalises que tu es aimé et que cet amour de Dieu est sans repentance ;

à l'heure où tu te découvres sujet et partenaire de l'Alliance nouvelle et éternelle : tu peux te lever, parcourir le monde, entreprendre toutes les tâches de ta vocation, nulle part tu ne te sentiras en exil, ou sans assurance ou loin de Dieu. Au contraire, tu sauras Dieu avec toi et une oraison forte et condensée, transparente et simplifiée, continuera d'illuminer ton coeur dans le déploiement et l'affairement de l'action...
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On comprend que la greffe de notre vie en Dieu a pris quand on se perçoit connu de Lui si profond, si profond que même le péché n'y échappe pas, que l'orgueil n'y résiste pas, qu'il n'est plus possible de s'éprouver comme un être de hasard, sans recours et de trop dans le monde. Dieu n'est plus ce genre d'Autre dont tu épies les manoeuvres avec méfiance et à distance duquel tu te tiens prudemment. D'emblée il a surpris et gagné ta confiance, il met ta liberté au diapason de la sienne. Le voudrais-tu qu'il ne t'est déjà plus possible de le considérer comme un étranger.

Seul l'amour accomplit cete merveille : l'expérience te le fait mieux comprendre, et comrendre qu'un tel amour, nul ne peut te l'enlever...

Quoi que tu fasses, tu es marqué. L'empreinte a pénétré dans tes épaisseurs. Comme d'une blessure d'amant, l'oraison en suinte.

A certaines heures elle s'épanche abondamment. A d'autres heures, ce n'est qu'une goutte mais c'est cette goutte si riche qui coule de l'entaille de l'arbre où jamais la sève ne cesse de monter. Car la greffe a pris sur toi. Comme la goute de rosée contient un soleil, celle-ci contient la plénitude du Christ. C'est une liqueur savoureuse et concentrée.C'est la manne qui te sustente dans la longue traversée des heures surchargées.
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Albert-Marie Besnard
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(extrait de "propos intempestifs sur la prière"
aux éditions du Cerf-collection Foi Vivante-1978)

vendredi 16 octobre 2009

- Un coeur d'homme



"Dans la solitude j'ai enfin découvert que Tu désires l'amour de mon coeur, Ô mon Dieu ! l'amour de mon coeur tel qu'il est - l'amour d'un coeur d'homme...

Dans le silence j'ai compris que je n'ai pas besoin d'être un ange pour Te plaire ; que je n'ai pas besoin d'être sans imperfection humaine pour que Tu écoutes ma voix...

Mon Père, Tu m'as donc appris que si je n'étais pas un simple être humain,capable de toutes les fautes, capable aussi, à Ton égard d'une affection humaine fragile et sujette à l'erreur, je ne serais pas capable d'être Ton fils...

Ton Fils s'est fait homme pour que mon coeur puisse T'aimer d'un amour humain saisi et animé par Ton Esprit-Saint.

Si donc je ne T'aime pas d'un amour d'homme, et avec une simplicité d'homme, et avec l'humilité de coïncider avec moi-même, je ne goûterai jamais toute la douceur de Ta tendresse paternelle et ton Fils sera mort en vain..."
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Thomas Merton
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(extrait des "Chemins de la joie"
aux éditions PLON-1963)

vendredi 9 octobre 2009

- Saisis par l'Esprit


Depuis la mort et la résurrection du Christ, des hommes et des femmes saisis par l'Esprit-Saint, ont vécu la nouveauté d'une expérience : celle d'une relation vivante et personnelle avec Dieu. Ils nous l'ont traduite en termes de feu, de lumière, d'amour, de paix, de joie ; ils nous l'ont décrite depuis ses plus humbles cheminements jusqu'à ses plus hautes manifestations.
Ce sont ces témoins innombrables que nous voudrions écouter pour nous laisser entraîner par leur exemple à la suite du Christ. Ils nous parlent un langage d'expérience, accessible aux plus humbles comme aux plus savants; ils nous invitent par leur parole et leur exemple à laisser l'Esprit du Père habiter notre être tout entier. Cet Esprit qui ira jusqu'à transfigurer notre corps selon la mesure de notre accueil...
Pour notre temps encore, l'Esprit-Saint pousse les chrétiens à vivre d'une densité d'amour, de tendresse et de liberté aussi grande que celles des premières communautés chrétiennes, aussi ruisselante qu'elles de la nouveauté même du Dieu vivant.
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Marie-Joseph Le Guillou
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(extrait de "Les témoins sont parmi nous"
aux éditions Fayard-1975)

mardi 6 octobre 2009

- Un grand souffle de paix


( photo D.G avec son autorisation)


Peu à peu, le Seigneur fit comprendre à François qu'il devait se désapproprier de son oeuvre - de cette fraternité qu'il avait créée dans l'enthousiasme - pour devenir lui-même l'oeuvre de Dieu. Dans une foi de pauvre, François remit son Ordre et il se remit lui-même totalement entre les mains de Dieu. il ne suffisait pas d'aimer, ni même d'aimer beaucoup.Il fallait apprendre à être pauvre en amour, surtout en amour. Ne plus rien posséder. Alors l'amour atteint sa perfection. Dès lors François s'ouvrit pleinement à l'Esprit du Seigneur. Un grand souffle de paix et de sérénité l'envahit. Tout son être se mit à rayonner, comme le soleil, aprés l'orage, avec grande splendeur. François était devenu un être solaire. Plus rien ne le séparait de l'Amour créateur.Il ne s'agissait plus de faire ceci ou cela, mais de laisser l'Esprit du Seigneur agir en lui.
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Eloi Leclerc
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(extrait d'un numéro spécial de "fêtes et saisons"
de juillet 2009 sur Saint François d'Assise)

- l'Evangile aujourd'hui ?


Parole d'un évêque:

"Une phrase qui m'a blessé illustre bien le problème difficile auquel il faut faire face aujourd'hui. J'essaie de mon mieux d'être auprés des gens qui souffrent et je vais souvent avec les gens du voyage. Je revenais un dimanche après avoir passé la journée avec eux et quelqu'un, "une bonne chrétienne", a dit dans mon dos :"Pourquoi notre évêque perd-il son temps avec ces gens-là ?"

Je crois que le jour où "on n'a plus de temps à perdre avec ces gens-là", comme elle disait, on a quitté l'Evangile !"
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Albert Rouet +
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(extrait de "J'aimerais vous dire"
aux éditions Bayard-2009)

lundi 5 octobre 2009

- Un sourire, un regard


L'Amour sans limites use des moyens les plus simples pour établir un contact. Les mots ne sont pas nécessaires. Il suffit, s'ils sont purs et vrais, d'un sourire ou d'un regard.
Un sourire, un regard...Deux moyens d'expression infinie. Expression silencieuse et profonde de nous-mêmes. Union à ceux auxquels jamais peut-être nous n'adresserons la parole ou que peut-être jamais nous ne reverrons.
Je te regarde, inconnu que Dieu a mis sur ma route. Et voici que Dieu, en silence, te rends vivant devant moi, présent à moi. Dans tes yeux, j'ai entrevu ton âme. Vers toi mon regard a porté mon âme.
Entre nous une communion devient réelle. Son terme ultime est la Face de Dieu,vue en transparence à travers nos visages.
Un sourire est échangé. quelque chose entre nous a commencé, quelque chose dont nous laisserons l'avenir aux mains de Dieu. Une porte s'est ouverte.
Je te bénis en silence.
Je demande au Seigneur Amour que, jaillissant de la rencontre sans paroles de nos âmes, une lumière d'or éclaire cette journée.
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Un moine de l'Eglise d'Orient.
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(extrait du livre "Amour sans limite"
éditions de Chévetogne-1973)

samedi 26 septembre 2009

- Tout est grâce


L'oraison, l'humilité, la douceur, le fait de trouver Dieu en toutes choses, la prière incessante, le désir du Royaume, toucher les coeurs, consoler les affligés et par dessus tout la capacité d'aimer en vérité... enfin tout ce que tu peux imaginer et que tu ne parviens pas à réaliser par ta bonne volonté... tout cela est grâce. Tu vois ce qu'ils nous restent à faire :
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-ouvrir les mains comme des pauvres et tout attendre du Père.

Jean Lafrance

(extrait de "Quand vous priez dites : "Père"
édité par l'auteur en 1981. Imprimé par
l'abbaye Sainte Scholastique)

mardi 22 septembre 2009

- Faire vivre Dieu

Etty Hillesum


Il y a celles et ceux qui s'arrêtent comme l'étranger de Samarie, toutes ces femmes et tous ces hommes qui ont donné leur vie pour les autres, tous ces "Justes" qui nous permettent d'espérer encore de l'homme et qui ainsi, soutiennent l'espérance de Dieu."Je vais t'aider, mon Dieu, à ne pas t'éteindre en moi, mais je ne puis rien garantir d'avance", écrivait dans son journal Etty Hillesum, jeune femme juive qui allait être déportée et assassinée à Auschwitz. Et elle poursuivait: "Une chose cependant m'apparaît de plus en plus claire : ce n'est pas toi qui peut nous aider, mais nous qui pouvons t'aider - et ce faisant nous nous aidons nous-mêmes.C'est tout ce qu'il nous est possible de sauver en cette époque et c'est aussi la seule chose qui compte, un peu de toi en nous, mon Dieu." Aider Dieu c'était être présent aux autres, les assister, les aider autant qu'elle pouvait. Mais c'était aussi recueillir en soi la beauté du monde, refuser que l'horreur anéantisse tout et prier.

Une grande foule de gens dont nous ne saurons jamais les noms ont aidé et continue d'aider Dieu dans les autres et contribuent à le rendre visible à nos yeux parce qu'ils se sont arrêtés. Peu importe qui ils étaient et ce qu'ils étaient, croyants ou non : pour qui a des yeux pour voir, ils donnaient vie à Dieu. Et je pense avec gratitude à cette phrase qui m'a été dite un jour par un jeune homme qui ne se serait sans doute pas défini comme chrétien mais qui avait tout compris : aimer, c'est faire vivre Dieu.
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Jean-Marie Ploux
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(extrait de "Dieu n'est pas ce que vous croyez"
éditions Bayard-2008)

mardi 15 septembre 2009

- Prier dans le secret

La racine même de la prière est le silence intérieur...Prier en profondeur, c'est ouvrir l'esprit et le coeur, le corps et les sentiments - notre être tout entier - à Dieu...
Nous, nous abandonnons à l'attraction du silence intérieur, à la tranquillité et à la paix. Nous n'essayons ni de sentir quoi que ce soit ni d'y réfléchir. Sans effort, sans tentative de quelque ordre que ce soit, nous nous immergeons dans cette présence, laissant disparaître tout le reste. Nous laissons parler uniquement l'Amour : le simple désir d'être avec la Présence, d'oublier notre moi et de nous reposer dans le Mystère ultime.
Cette Présence est vaste et pourtant humble, intimidante et pourtant douce, sans limite et pourtant intime, tendre et personnelle. Je sais que quelqu'un me connaît. Toute ma vie est transparente devant cette Présence qui sait tout de de moi - mes faiblesses, mes déchirures, mon péché - et qui pourtant m'aime infiniment.
Cette Présence guérit, renforce, réconforte, uniquement parce qu'elle est. Elle est là, généreuse, ne portant aucun jugement, ne cherchant aucune récompense, manifestant une compassion infinie.
C'est un peu comme si je revenais à la maison, chez moi, en un lieu que je n'aurais jamais dû quitter, comme si je revenais à une conscience qui a toujours été là, mais que je ne reconnaissais pas. Impossible de forcer cette conscience ni de la provoquer ;
c'est une porte qui s'ouvre en moi, mais de l'autre côté. Il me semble avoir déjà goûté la douceur mystérieuse de cette Présence enveleppante et pénétrante. C'est à la fois le vide et la plénitude.
Nous attendons, dans le silence, ouverts et attentifs, tranquilles, immobiles au-dedans comme au-dehors. Nous nous abandonnons à l'attrait d'être en paix, d'être aimés, tout simplement d'être.
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Thomas Keating
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(extrait de "Prier dans le secret",aux éditions Anne Sigier-2009)

mercredi 26 août 2009

- Consentir à être soi


On peut se demander autour de nous pourquoi nous n'avons pas mieux employé notre vie au lieu de la "gaspiller" en nous occupant d'un parent malade, ou en partageant notre existence avecune personne grincheuse, ou en étant prêtre de paroisse dans quelque sinistre jungle urbaine, ou en écrivant de la poésie qui n'a guère de lecteurs.
Ou alors nos vies paraissent réussies, mais pas exactement au sens où le monde l'entend : parce que nous essayons de trouver du travail pour certains, ou défendons obstinément la justice. Libres, nous le sommes au maximum, paradoxalement, quand nous embrassons de grand coeur ce que nous devons faire, parce que c'est alors que nous saisissons qui nous sommes appelés à être. Peut-être nous faut-il lutter pour accepter ce que nous devons faire et être, mais c'est là, justement, le travail de la liberté.
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Timothy Radcliffe
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(extrait de "Pourquoi aller à l'église"
éditions du Cerf-2009)

samedi 8 août 2009

- En une simplicité parfaite

La maison de Dieu est une maison d'hommes et non pas de surhommes. Les chrétiens ne sont pas des surhommes. Les saints pas davantage, ou moins encore, puisqu'ils sont les plus humains des humains... Les saints ne sont pas des héros, à la manière des héros de Plutarque. Un héros nous donne l'illusion de dépasser l'humanité, le saint ne la dépasse pas, il l'assume... Il s'efforce ainsi d'approcher le plus prés possible de son modèle Jésus-Christ, c'est-à-dire Celui qui a été parfaitement homme avec une simplicité parfaite...
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Georges Bernanos
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(extrait de "Tout est grâce" de Guy Gaucher
éditions du Cerf, mai 2009. p 211)

vendredi 31 juillet 2009

- Animé par l'Esprit

Maximilen Kolbe
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Bombardés de tellement de "nouvelles" sur la misère humaine que notre coeur devient vite engourdi par tant d'informations. Mais le coeur compatissant de Dieu est sans limite. Le coeur de Dieu est plus grand, infiniment plus grand, que le coeur humain. Dieu désire nous donner ce coeur divin pourque nous puissions aimer toute personne, sans nous épuiser ou devenir insensibles.... Nous prions pour obtenir ce coeur compatissant quand nous disons :"Crée en moi un coeur pur,ô mon Dieu, renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit. Ne me chasse pas loin deta face, ne me reprends pas ton Esprit Saint"(Psaume 50).Oui, l'Esprit Saint nous est donné pour que nous puissions devenir participants de la compassion même de Dieu...
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Henri Nouwen
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(extrait de "Vivre sa foi au quotidien"
aux éditions Novalis-2005)

mardi 28 juillet 2009

- Fraternité bénie


Qu'il fait bon aimer sur la terre comme on aime au ciel, apprendre à s'aimer en ce monde comme nous le ferons éternellement en l'autre !
Je ne parle pas ici de l'amour simple de charité, car il doit être porté à tous les hommes ; mais je parle de l'amitié spirituelle, par laquelle deux ou trois ou plusieurs communient dans la vie spirituelle et deviennent un seul esprit entre eux (cf Ac 4,32). C'est vraiment à bon droit que peuvent chanter de telles âmes heureuses : « Combien il est bon et agréable que les frères habitent ensemble ! » (Ps 132,1)... Il me semble que toutes les autres amitiés ne sont que l'ombre de celle-ci... Pour des chrétiens vivant dans le monde, il leur est nécessaire de s'aider les uns les autres par de saintes amitiés ; par ce moyen ils s'encouragent, se soutiennent, se portent mutuellement vers le bien... Personne ne saurait nier que notre Seigneur ait aimé d'une amitié plus douce et plus spéciale saint Jean, Lazare, Marthe et Madeleine, car l'Ecriture le témoigne.

Saint François de Sales (1567-1622)

(extrait de l'introduction à la vie dévote)

mercredi 22 juillet 2009

- Sans a priori

(photo D.G avec son autorisation)


Jamais homme n'a respecté les autres comme cet homme.
Pour lui, l'autre est toujours plus et mieuxque ce à quoi les idées reçues même des Sages et des Docteurs de la loi, tendent à le réduire.
Il voit toujours en celui ou celle qu'il rencontre un lieu d'espérance, une promesse vivante, un extraordinaire possible, un être appelé, par-delà et malgré ses limites et parfois ses crimes, à un avenir tout neuf. Il lui arrive même d'y discerner quelque merveille secrète dont la contemplation le plonge dans l'action de grâces !
Il ne dit pas : Cette femme est volage, légère, sotte, elle est marquée par l'atavisme moral et religieux de son milieu, ce n'est qu'une femme. Il lui demande un verre d'eau etengage la conversation.
Il ne dit pas : Voilà une pécheresse publique, une prostituée à tout jamais enlisée dans son vice. Il dit : Elle a plus de chance pour le Royaume de Dieu que ceux qui tiennent à leur richesse ou se drapent dans leur vertu et leur savoir.
Il ne dit pas : Celle-ci n'est qu'une adultère. Il dit : Je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus.
Il ne dit pas : Celle-là qui cherche à toucher mon manteau n'est qu'une hystérique. Il l'écoute, lui parle et la guérit.
Il ne dit pas cette vieille qui met son obole dans le tronc pour les oeuvres du temple est une superstitieuse. Il dit qu'elle est extraordinaire et qu'on ferait bien d'imiter son désintéressement.
Il ne dit pas : Ces enfants ne sont que des gosses. Il dit : Laissez-les venir à moi et tâchez de leur ressembler.
Il ne dit pas : Cet homme n'est qu'un fonctionnaire véreux qui s'enrichit en flattant le pouvoir et en saignant les pauvres. Il s'invite à sa table et assure que sa maison a reçu le salut.
Il ne dit pas : Cet individu n'est qu'un hors la loi. Il lui dit : Aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis.
Il ne dit pas : Ce Judas ne sera jamaisqu'un traitre. Il accepte son baiser et lui dit : Mon ami.
Il ne dit pas : Ce fanfaron n'est qu'un renégat. Il lui dit : Pierre m'aimes-tu ?
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Albert Decoutray (1923-1994)

lundi 20 juillet 2009

- L'ami

L'Ami, c'est Jésus, et c'est sa volonté et son conseil que nous nous tenions auprés de lui, que nous adhérions étroitement à lui toujours, en quelque état que nous puissions nous trouver, car souillés ou purs, son amour pour nous demeure toujours le même. En toute circonstance, heureuse ou malheureuse, il veut que jamais nous ne nous écartions de lui. C'est notre Ennemi qui voudrait retarder notre progrès par de fausses craintes au sujet de notre misère, et par les peines dont il nous menace ; ce qu'il vise c'est de nous accabler, de nous décourager, pour nous faire perdre de vue la bienheureuse contemplation de celui qui demeure toujours notre Ami.
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Julienne de Norwich (1342-1416)
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(extrait des "Révélations de l'Amour Divin"
chez Téqui-2001)

dimanche 19 juillet 2009

- Puisant dans Son "Trésor caché"


Le Seigneur a coloré sa Parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puisse contempler ce qu'il aime.Et il a caché dans sa Parole tous les trésors, pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu'il médite. Sa Parole est un arbre de vie qui, de toutes parts, te tend des fruits bénis ; elle est comme ce rocher ouvert dans le désert, qui devient pour tout homme, de toutes parts, une boisson spirituelle : "Ils ont mangé un aliment spirituel, et ils ont bu un breuvage spirituel" (1 Co 10, 4).
Que celui qui obtient en partage de ces richesses n'aille pas croire qu'il n'y a dans la Parole de Dieu que ce qu'il y trouve ; qu'il se rende compte plutôt qu'il n'a été capable d'y découvrir qu'une seule chose parmi bien d'autres." (Ephrem de Nisibe).
Il s'agit d'ailleurs de percevoir le message personnel et concret, pour une époque et une situation déterminées, que Dieu nous adresse à travers l'Ecriture ; un tel effet ne peut être obtenu sans recherche diligente, attente patiente, silence humble et plein de foi.
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Louis Leloir, o.s.b
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(extrait de "la vie spirituelle"
sept 2001,n°740, p 437)